Spiderman .

Je me suis donc jurée de ne jamais plus emménager avec personne.

La séparation en soi est un passage douloureux, très intime et une forme d’introspection. Avons-nous mal par amour ? par fierté ? par échec ? par empathie ? Je ne suis incapable de répondre à ça et même incapable de vous dire ce qu’il se passe dans ma tête.

Je n’ai pas ressenti le vide sidéral au fond du ventre car en l’espace d’un mois je me suis totalement anesthésiée pour ne pas flancher. Je crois que je me suis interdite d’être triste et j’ai choisi de chouiner 25 minutes sous la douche. Bah oui, on ne craque pas pour de vrai, voyons pas à 32 ans. Je pense aussi que j’ai peur du syndrome du dépressif, de devenir chiante comme la mort et de ne parler que de mon ex etc… #angoisse.

Je suis donc un prozac déambulant et agissant sans réflexion. Je me rends compte que je n’écoute pas les gens, que je suis là sans être là car au final, je me suis détachée de tout. Par nature j’appartiens à la tribu des « je-m’en-foutiste », mais aujourd’hui j’en suis devenue reine. N’ayant aucune envie particulière ces derniers temps, pas faim, pas soif, pas envie, j’ai réalisé qu’il fallait que j’arrive à vivre un moment intense juste pour savoir que j’étais encore vivante.

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Et c’est ainsi que Spiderman est entrée dans ma vie et m’a réanimé pour de bon. Frissons dans le bas du dos, tous mes sens en éveil !

Me couchant pour une première nuit dans mon nouveau chez moi, je suis tombée nez à nez avec. Une belle et grosse araignée me rappelant les souffrances (oui j’exagère) de mon enfance lorsque nous vivions dans une bastide provençale entourée par les bois… Je suis pétrifiée par les araignées. Une peur panique, qui, moi la cérébrale, m’empêche d’avoir des réactions rationnelles. Coincée entre la cuisine et le salon, en pyjama, j’ai appelé un pote en panique à 00H32.

-Tu dors ?

-Non. Qu’est ce qui se passe ?

-Faut que tu viennes vite, j’ai un putain de problème !!!

Affolement dans sa voix

-Quoi ?

-Y’a une araignée sur mon rideau.

Larmes de crocodile.

-Putain, ok j’arrive.

Dans les 5 minutes de trajet je lui ai envoyé 25 sms pour lui dire de se bouger le cul, lui dire que je riais nerveusement et que je riais de moi aussi …

Bref il est venu, a tué l’animal, on a fumé une clope. Je lui ai demandé 500 fois si les araignées vivaient en meute. Il m’a regardé avec dédain se demandant si j’étais sérieuse.

J’ai donc passée une nuit affreuse pensant que sa famille allait venir me faire une vendetta.

Le lendemain réalisant alors mon incapacité à gérer ce genre de situation, j’ai dévalisée le rayon du Monoprix en bombes insecticides, prises et autres objets de torture pour parasites urbains. Merde ! je vis en ville c’est pour pas me faire chier avec les insectes !

Et c’est ainsi que pendant tout le we, j’ai flippé « ma race » et que l’indépendance c’est cool, être une femme moderne aussi, mais que face à une araignée j’étais bien si peu de chose.

 

A tantôt.

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1 Comment
  • Laure
    juin 6, 2016

    Moi, c’est le vent et l’orage et pareil, les premiers temps, j’appelais des potes. Maintenant, plus rien, on apprend l’indépendance et tout ce qui va avec. On remercie l’univers d’avoir envoyé des pannes diverses et variées, pour pouvoir gueuler « j’ai réparé sans personne pour m’aider ». Ca donne une putain de force. J’adore votre texte, il est si vrai, si impudique et pourtant si bon à lire. Quant aux photos, parfaites en accompagnement ! Bises affectueuses

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