Pression sociale.

By mardi, avril 5, 2016 7 No tags Permalink 0

Est-il possible de faire une crise existentielle à 31 ans ? Je le pense bien.

Qu’il est compliqué d’être en décalage face aux choses classiques de la vie et de devoir esquisser un sourire à chaque question que je trouve relou : Alors les enfants c’est pour bientôt ? Et te marier tu n’en a pas envie ? Et acheter un appart ?

Si autour de moi, tout le monde est réglé comme un métronome, moi j’avais par nature un décalage du fait de longues études, d’un cheminement amoureux chaotique, un côté personnel relativement folklorique et surtout d’une forte propension à ne jamais savoir ce que je veux vraiment faire. L’autre fois on m’a demandé naïvement « qu’elle était ma vision de la construction de ma carrière ? »… Silence. Je n’en sais rien. Je sais simplement que je suis épanouie aujourd’hui, que je pense avoir une place. Je rêve d’un gros salaire ça c’est évident, car je considère que l’argent est garant de ma liberté. Mais après ?

C’est ainsi que je me suis demandée si je n’étais pas en crise intérieure. J’ai découvert que oui, que j’avais de plus en plus de mal à accepter la vie que j’avais construite avec celle que je devrais avoir pour justifier clairement de mon âge et de ma présence dans un rang classique de trentenaire. La pression sociale est à son maximum.

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#1 Me marier. Comme je l’ai dit à ma mère, même si le divorce est digéré, accepté et compris, car l’équilibre familiale est revenu, qu’au final leur séparation nous apportait une nouvelle notion de famille avec de supers rencontres et même la naissance d’un demi-frère, je ne peux plus croire en l’aboutissement de l’amour par un sermon car je sais trop bien que la vie est rieuse et peut tout dissoudre.  Et je ne suis plus assez naïve bien trop pragmatique pour pouvoir jurer devant tous que mon oui sera définitif.

Et je pense qu’un amour peut durer éternellement sans un oui au milieu d’une chapelle froide.

#2 Le bébé. Pareil, ma mère m’a encore demandé. Je lui ai dit qu’elle savait que je n’ai jamais eu, comme ma sœur, une attirance maternelle. Je serai certainement tatie avant d’être maman. Mais là le tiraillement est très fort. La société me répète que je perds de ma fertilité à chaque seconde et que je serai une vieille maman. Mais moi je n’en ai pas envie. Il paraît qu’on n’est jamais prêt et qu’un jour ça arrive. J’angoisse. J’aime bien trop fort mon job, ma liberté et ma vie. Egoïste ? oui. Mais surtout je ne me sens pas de tout gérer, incapable de mener de front : ma carrière, une éducation, mon rôle de femme, un foyer, mes copines… Quand je me rends compte qu’on a emménagé depuis 6 mois et que le meuble de la salle de bain est encore à même le sol, je me demande bien ce que l’on ferait d’un gosse.

Je suis donc tiraillée. Un besoin d’accomplir tous mes objectifs (et pourquoi pas mes rêves, les miens, mes envies…), un besoin de folie, un besoin de rester éternellement cette cigale… et cette pression sociale que j’ai, pression involontaire : mais tous ces EVJF, ces mariages, ces annonces de bébés… me renvoient devant mon miroir et mon immaturité insolente.Une peur panique de ne pas réussir à tout faire avant de me ranger dans une routine de panique. Alors me dira que le rôle de mère te permet de découvrir le vrai amour, un amour viscéral. Laissez mes viscères en paix pour le moment, offrez moi le frisson de la vie.

Les annonces de procréation ne me font plus rien… Une forme de routine du trentenaire.

Putain mais divorcez que la folie reprenne le pas sur nos vies trop carrées ! (Pitié lisez cette dernière phrase avec le curseur du cynisme à son maximum.)

A tantôt.

 

 

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7 Comments
  • Audrey
    avril 5, 2016

    Salut,
    Concernant le bébé, j’étais exactement dans la même position que toi. Mon mec me tannait depuis plusieurs années pour en avoir un…J’ai finalement sauté le pas car je ne me voyais pas sans enfant mais je ne me sentais pas du tout prête. Et bien quelle claque ! Je m’attendais tellement à galérer que j’ai été agréablement surprise. Ce n’est pas si compliqué que ça, je trouve que dans notre société on a tendance à faire une montagne de tout ce qui touche à la maternité et la paternité. Surement par égoïsme mais aussi par stress de sortir de sa zone de confort. Avoir un bébé n’apporte pas que des soucis, loin de là. J’avais aussi complétement mis de côté l’amour maternel, qui est quand même quelque chose de très beau à vivre.
    Après chaque personne vit la maternité d’une façon différente, loin de moi l’envie de te convaincre. Profite de la vie, que ce soit avec ou sans enfant, mariée ou non. Mais quelque soit les choix pris, no pression, ça ne sert à rien ;-)

  • pol
    avril 5, 2016

    Comment te dire ? Cette pression nous la ressentons toutes, et si nous ne devions notre modèle de vie qu’à nous même… Le mieux c’est peut être de se sortir seules des exemples génériques, le « maman m’a dit de… » n’est pas une fatalité !! Olé ! E.

  • AnnSo
    avril 6, 2016

    Amen !

    Que dire de plus ?

    C’est un article que j’aurai pu écrire quasiment mot pour mot. D’ailleurs, c’est un sujet que j’ai déjà abordé plus d’un fois sur mon blog.

    A 28 ans, je n’ai pas de situation professionnelle stable, pas de mec. Résultat, pas de projets concrets. Tout simplement parce que je n’en ai pas les moyens et que comme je n’ai pas d’emploi, je ne suis pas capable de savoir de quoi demain sera fait.

    Pour le moment, ma priorité va à mon boulot. Je rencontrerai quelqu’un quand ça viendra. Je ne cherche pas forcément. Quant au mariage, je n’ai aucune envie de me marier et pour les enfants… Ben je sais pas. J’en veux mais ça me paraît encore très abstrait !

    Mais il n’empêche que les questions des uns et des autres, de voir les uns et les autres construire leur modèle de vie, ça peut poser lourd sur nos épaules, même si ce n’est pas une vie que nous voudrions…

  • Laure
    avril 7, 2016

    Coucou, pourquoi parler d’immaturité dans votre cas ? Ne pas être conforme à la norme sociale ne fait pas de vous une immature. Ni une égoiste, n’est pas pas autant égoiste d’avoir des enfants pour être conforme, pour avoir la paix vis à vis de la société et de finalement ne pas être « à la hauteur »‘ ?
    Il est chouet votre post. J’ai divorcé à 40 ans après 16 ans de mariage. Deux enfants ado. Je suis retombée ampoureuse, il voulait vivre avec moi, avoir des enfants (son horologe biologique à lui), on s’est séparé parce que comme vous je tiens à mon boulot, à mes ados, à ma vie de célibataire amoureuse.
    Tous les âges ont leur souci mais ne lâchez pas ce qui vous est essentiel, fut-il votre liberté. Vivez

  • Geekette
    avril 9, 2016

    Comme cette impression de me reconnaître à travers tes écrits…
    Cette pression sociale, les gens, les autres. L’impression d’être à côté de la plaque.
    Alors que non, en fait.
    J’ai beau me dire « chaque chose en son temps », mais ce n’est pas tous les jours facile.
    Réussir doucement, mais sûrement. Peut-être s’assurer d’abord un confort matériel, puis ensuite l’amour ?

  • By Lara Craft
    avril 12, 2016

    Je me reconnais assez bien dans ton discours.
    L’idée du mariage pourquoi pas, après ce qui personnellement m’embête c’est le coût ridicule que cela représente. Avoir un travail est déjà en soi un aboutissement, devenir propriétaire d’un logement est presque un miracle, alors le mariage qui va demander 10.000€, ça ne fait pas rêver…
    Idem pour les enfants, je suis bien d’accord avec toi, si ce n’est que personnellement je ne ressens pas la pression de la société mais bel et bien la pression de la nature. Après tout la société c’est une question de s’assumer et de digérer le jugement, mais on sait bien qu’après 35 ans notre corps va petit à petit dire non aux enfants, et CA c’est un vrai problème. Notre corps n’est pas fait pour les femmes modernes de 2016 et plus… :(

  • Billy
    avril 12, 2016

    Alain Soral dirait surement de vous que vous êtes une universitaire bobo gaucho inutile qui ne sait rien du tout derrière un air suffisant de bourgeoise bohème pseudo intello et qui écrit avec grand intérêt à propos de rien , hormis son nombril désormais affecté par l’obsolescence programmée. Pour vous entendre il aurait surement besoin que vous exprimiez une opinion idéologique politique. Mais je doute que vous n en ayez derrière votre façade bobo-gaucho, et c’est fort bien mieux ainsi.

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