Open Space

By mercredi, mars 11, 2015 4 Permalink 0

C’est en sortant du TGV, marchant sur le quai de la Gare de Lyon-Paris, que mon reflet m’a interpellé. J’ai réalisé que j’avais des chaussettes blanches qui ressortaient légèrement de ma boots… Je me suis dit que c’était à l’image de ma vie, qu’il fallait bien que j’en face une.

Par nature la vie ne m’a jamais vraiment fait de cadeau. Je préfère préciser que j’ai une vie heureuse mais que c’est toujours compliqué. Les choses se déroulent toujours avec des anicroches, des embûches. Mais comme je le dis à ma mère « Maman, pour nous c’est jamais simple, pourtant on finit toujours par retomber sur nos pattes, comme des chats ».

Ces difficultés de la vie m’ont forgé le caractère. Si j’ai un capital sympathie inhérent à ma personne, je suis plutôt très froide. Jamais de très grande joie, jamais de très grande peine. Les bousculades de la vie me laissent souvent boudeuse pendant deux heures, et puis je rebondis. Je crois que je tire cela de mon passé familiale, nous avons vécu des choses terribles sans avoir une vie malheureuse car nous étions très heureux, mais des événements qui m’ont amené à adopter une philosophie de vie se résumant à une phrase toute simple : c’est la vie et ce qui a de plus fabuleux avec la vie c’est qu’elle continue toujours. J’applique ce refrain quotidiennement.

Quand quelque chose ne fonctionne pas, je sors mon ultime arme de motivation : ce n’était pas fait pour moi. Pas mon destin. Pas ma route.

Ma foi, on va pas s’angoisser plus que de nature ?!

 

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J’ai donc fait mon bonhomme de chemin, acceptant chaque étape la tête haute. Je ne possède pas cette faculté de réseau, de relations. Malgré mon côté Cigale, tout ce que je possède, je le possède par la sueur de front et surtout par ma volonté. Je n’ai jamais manqué de rien, non pas parce-que je suis une « fille de » mais parce-que je travaille pour. Ma sœur fait pareil, mon frère aussi.

J’ai donc fait de longues études sans piston. Trouver des jobs d’été sans piston… Mon plus beau projet fût mon emménagement à Lyon. Mais comme les choses ne sont pas simples, j’étais deuxième à ce poste et j’ai fini par prendre la place car la personne s’est désistée. 4 jours d’angoisse pour que ça se finisse bien. Bref, faut toujours du suspense au milieu de mes affaires, une forme de compagnie délicate, affectueuse. Le suspense et moi rions souvent beaucoup !

Puis il y a eu le chômage & le free lance où là mes peu de rencontres lyonnaises m’ont aidées.

Janvier arrivant, toujours la loose, ne supportant plus le free lance et la solitude de mon salon,  je suis tombée sur l’offre d’emploi que j’attendais tant. Celle où je me suis dit « mais ?! c’est moi ! ». Le Suspense s’est donc avachi sur mon canapé et m’a dit : vas-y on va se marrer !

J’ai donc postulé. Lançant cette bouteille à la mer, j’ai patienté. Un entretien, un second entretien et puis l’attente… Entre temps, comme les choses n’arrivent jamais seules, j’ai également passé d’autres entretiens, des agences où j’allais à reculons et je repartais les jambes à mon cou… Je peux vous garantir que certains entretiens étaient totalement lunaires, que trouver un job c’est passer un interrogatoire tout à fait étrange. La France ne cherche pas des gens avec un potentiel à développer mais juste des compétences mécaniques, une rentabilité humaine sectaire me rappelant le fordisme d’un ancien temps. J’ai quand même rencontré un type qui pour un poste de community manager m’a dit qu’avec mon bac+8 je n’avais pas les compétences requises ?!

Je suis restée muette face à autant de fermeture d’esprit.

Bref, et c’est un vendredi comme un autre, dans une après-midi d’attente, glandant devant Suits, un appel… Le suspense fumait nerveusement sur sa clope, me regardant déglutir.

Je lui ai alors dit : ça y est on a le job !

Je découvre les joies de l’open space. Le suspense m’attend toujours en bas de mon bureau me disant que la vie est moins drôle sans moi.

Et c’est Gare de Lyon, dans le gris parisien, que je suis partie rencontrer mon premier client, mon suspense et mes chaussettes blanches me tenant la main pour affronter cette nouvelle vie.

A tantôt

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4 Comments
  • carrie
    mars 12, 2015

    Waouhhh que d’evenements et emotions!
    On veut la suite :-))))

  • bedjaoui
    mars 18, 2015

    « Bref, faut toujours du suspense au milieu de mes affaires, une forme de compagnie délicate, affectueuse. Le suspense et moi rions souvent beaucoup ! »

    je crois que tu as écris cette phrase pour moi…

    • lechatetmoi
      mars 27, 2015

      Beaucoup de personnes pensent comme toi !!! ;)

  • Chabadog
    mars 31, 2015

    Article très touchant !
    J’adore
    Merci :)

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