Mecophobique

Je suis mecophobique. Je viens de le réaliser ce soir en sirotant l’apéro. J’ai peur des mecs. J’ai peur du couple. je deviens guimauve quand je le rencontre.
Pour comprendre ce raisonnement il faut revenir sur deux discussions récentes.
-Je suis face à un mur. T’es totalement fermée.
-Oui. J’ai pas envie de morfler.
-Si t’essayes pas tu ne sauras pas.
-Certes.
-Je suis ton mec?
Incapacité viscérale à répondre.
Être mon mec? Pourquoi tu me veux du mal?
-Je suis sûre qu’il me ment ce soir!
-Pourquoi tu dis ça?! juste il pouvait pas!
-Non je le sens…
-Arrête de te torturer pour rien.
-Putain, je suis mecophobique…
-hahaha la maladie de nôtre siècle!

Et c’est un soir comme un autre que j’ai réalisé à quel point j’étais abimée. 
Les hommes ça tue. Les hommes ça abime. 
Ils devraient être remboursés par la Sécu. 
Et j’ai compris que tous les cons, enfin, mes derniers mecs, n’étaient pas fondamentalement des connards, mais juste des mecs qui ne me correspondaient pas. Les estampiller, les labelliser connard me permettait de contrôler jusqu’à la peine de mon cœur : « je souffre, quel connard! » … Bah non, se mettre avec un connard c’est anticiper la rupture, c’est anticiper l’échec et surtout comprendre le dysfonctionnement. C’est un connard.
Avec E., on a textoté sur cette angoisse soudaine. On a réalisé qu’au delà des bleus, des crevasses, des écorchures… on était juste pétrifié. Apeuré… Mais de quoi? de l’autre. Être amoureux, être en couple c’est se donner, c’est s’abandonner. L’abandon? pour des filles dynamiques, carriéristes, aventurières, habituées à vivre seules et à se gérer dans tous les sens du terme s’abandonner est une épreuve. D’autant plus, quand on est dans l’auto-contrôle (que je perds seulement quand je sors et que je bois un verre de trop). être seule c’est être sûre d’un truc : je ne m’abandonnerai pas.
Cet auto-contrôle en est devenu une taquinerie… On se prend des gifles amoureuses terribles mais on se relève et on reprend le court de nôtre vie aussi vite… « même pas mal!« … Arriver à se faire larguer et aller à un diner d’affaires sans ciller, ça c’est nôtre routine. Le soir on se retrouve et on se tape des fous-rires nerveux en expliquant à quel point pendant tout ce repas on avait envie de dire « je m’en fous de ta vie de professionnel, on vient de me larguer par sms…. ».
Alors on a diagnostiqué la maladie, la mecophobie.
Cette maladie touche surtout une population jeune (23-35 ans) et peut durer dans le temps (1 à 3 ans), il n’existe pas de traitement à l’heure d’aujourd’hui. Nous recommandons un rapprochement de la meute de la personne, un bon forfait de téléphone et des apéros réguliers. Cette maladie n’est pas contagieuse. La cause est identique à tous les patients : une peine de cœur brutale.
Voici les symptômes récurrents :
- Une tendance à la paranoïa
- Douleur dans le corps, voir crise d’angoisse (sensation de poignard dans la poitrine)
- Une tendance à se rouler dans sa couette à n’importe quelle heure de la journée
- Éteindre son téléphone
- Une paralysie du corps face à un mec qu’on aime bien
- Froideur, peur de tenir la main…
- Difficulté à accepter les compliments, les gestes d’attention, la démonstration publique…
 Je ne sais pas si des génériques, de l’homéopathie ou autre peuvent nous aider à passer le temps d’incubation et d’irruption. Je pense seulement que le mec (plus ou moins salvateur) devra s’accrocher, nous épater, nous surprendre… et sûrement accepter ce cynisme, ce côté hautain et froid, nos  mutismes face aux questions qui nous provoquent des frissons…
Je suis mécophobe. Pratiquement deux ans de blog, deux ans de placebo avec des connards pour enfin trouver la cause de tout ça.
A tantôt.
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3 Comments
  • Illyria
    mars 13, 2014

    Mot très juste « mecophobe »… Mais oui faut savoir dépasser ses peurs, et même quand tu trouves un mec avec lequel t’as envie de te lancer, t’attends de voir s’il va réussir à te rassurer vraiment définitivement, en tout cas c’est loin d’être gagné pour moi… Mais bon c’est triste de toujours fuir et de rester toujours seule à cause de la peur, on mérite mieux que de s’isoler à cause de mauvaises personnes…

  • Cordélia Reid
    mars 16, 2014

    Eh bien. C’est quand même assez triste tout ça. En même temps je comprends,.
    Il paraît qu’il faut trouver le bon, il n’y a pas que des imbéciles.
    Affaire à suivre …
    Bonne continuation en tout cas

  • thesimplestkindofbeauty
    mars 16, 2014

    Grâce à ton article, je peux enfin mettre un mot sur la maladie qui me ronge. Bon, la différence c’est que du coup, j’ai jamais franchement été en couple. Merci pour cet article!

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