Adulte de divorcés

By dimanche, septembre 15, 2013 16 No tags Permalink 0
Comme beaucoup je suis une enfant adulte de divorcés. 
Et ouais, moi, mes parents se sont séparés j’avais 23 ans. Vous devez vous dire « ça va! relax »… Et bien, non, car à 23 ans vous avez des repères acquis et projetés qui volent en éclat. C’est à dire que le cocon dans lequel vous avez tendance de vous réfugier n’existe plus, on vous impose alors un rythme de vie totalement différent et surtout on vous demande en tant que jeune adulte d’accepter, de comprendre et de digérer.  Il m’a fallu 6 ans pour digérer. Pourquoi? car déjà on est une génération de névrosés, une génération sans futur en quête d’un avenir incertain si en plus les repères que vous avez disparaissent, vous perdez pied. Bon, bien entendu au final, on s’acclimate, puisque nous sommes ces nouvelles tribus : famille composée, décomposée, recomposée… La normalité existe dans la décomposition, on mélange, on switch, on accommode et on vous demande de trouver cela tout à fait normal. Pour vous dire, j’ai occulté ces périodes de ma vie, je ne me rappelle même plus quand ma mère m’a présenté son mec ni quand mon père m’a présenté sa femme…. Tellement dans ma tête ça devait être le Las Vegas de l’aberration. Vous vous retrouvez au milieu de schémas totalement abstraits, dans lequel apparemment tout le monde se retrouve… c’est normal, c’est la base, c’est tendance.

Au delà de la déception dû au divorce, je suis une fille à maman, j’ai eu du mal à partir, et si j’avais pu être pas trop loin de Môman, je l’aurai fait… Il m’a fallu 29 ans, un déménagement, un changement géographique et une dispute liée à son emménagement avec mon beau-père pour couper le cordon : « Mais t’as 29 ans tu dois voler de tes propres ailes« , oui mais mes ailes c’étaient elle. Ranger votre vie dans des cartons et aller les déposer dans le garage de la femme de ménage de ma grand-mère en devant accepter que c’est normal, fût le point de non retour.
Ma mère est une vraie mère. Quand vous passez 23 ans comme ça, vous ne pouvez concevoir l’idée qu’elle puisse avoir une vie autre que celle de mère. Et il est d’autant plus complexe quand vous êtes en construction de votre vie, d’évoluer en parallèle de la construction d’une autre vie familiale car c’est juste un chantier monumental dans votre tête.
Alors, je crois que c’est à ce moment-là que j’ai pris le parti de construire une vie radicalement à l’opposé de celle de mes parents avaient établie pendant nos 23 ans de vie commune : j’ai fait de longues études, j’ai voyagé aux 4 coins du monde, je n’ai toujours pas développer l’envie de faire des gosses, j’ai constitué une meute de potes et je cherche désespérément l’amour qui ne se brisera pas (je suis un tantinet naïve de temps en temps). L’éloignement géographique avec ma famille a été salvateur, j’ai appris à accepter qui j’étais devenue et à comprendre mes choix de vie… mais je ne suis pas encore prête à visiter la nouvelle maison de ma mère, j’ai toujours l’étrange sensation de ne plus avoir de famille. Le temps fera le reste.

Alors être adulte de divorcés, c’est pas évident. Le plus complexe étant le regard des autres ne comprenant pas pourquoi ça vous perturbe, pourquoi vous êtes totalement effaré face à cela, vous passez pour une dingue dépressive, alors que non… Parce-que les repères sont la base de la construction, comme un plan d’architecte, ils vous guident. J’ai construit une maison avec un plan sur un terrain inconstructible. J’ai ainsi décidé de me raviser et de m’installer en appart en copropriété… histoire peut-être de tenter de réparer les erreurs passées et d’éviter de les répéter.
A tantôt.

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16 Comments
  • Djahann
    septembre 15, 2013

    J’avais le même age que toi, mais je l’ai digéré bien plus vite.
    Mais chacun le gère comme il peut avec sa sensibilité, ça ne fait pas de toi une névrosée !

  • Céline Tissot
    septembre 16, 2013

    Chacun gère comme il peut par contre je te trouve assez égoïste vis à vis de ta maman non ? N’a t’elle pas le droit au bonheur ?

  • Mana
    septembre 16, 2013

    J’ai vécu la même chose, même âge. En tant que personne, je peux comprendre, en tant qu’enfant j’ai toujours du mal, comme si on m’avait volé ma famille.

  • Emotion Wizard
    septembre 16, 2013

    Merci d’avoir écrit cet article. Pour ma part mes parents se sont séparés en décembre, j’ai 25 ans, et je le vis pas bien. je trouve que ma famille s’est brisée, effondré, et j’hésite à écrire un article thérapie. j’arrive pas à pardonner à mon père qui est partie.
    mais le fait d’avoir mon chez moi, m’aide bcp

  • anacoluthe
    septembre 16, 2013

    Tu mets des mots sur ce que j’ai ressenti, il y a pourtant tant d’années, quand mes parents ont divorcé…

    J’avais 20 ans (mais ça couvait depuis longtemps) et je ne sais pas si je m’en suis remise un jour, parce que j’ai encore un pincement au coeur quand je vois mes amis avec leurs parents, ce cocon que procurent un couple parental même quand tu es adulte… par exemple, quand tu as des enfants, que tu travailles, bref que tu vis la vie complexe d’aujourd’hui, et que tu aimerais bien que quelque part existe le repos du guerrier, celui où tu te sens « pris en charge » : la maison de Papa-Môman !!

    Bon, donc voilà, je crois qu’on ne s’en remet pas, que ça transforme profondément la relation qu’on a avec ses parents : ce n’est plus une relation de l’enfant vers le couple parental, mais une relation unipersonnelle « moi avec maman », « moi avec papa », et donc une relation plus adulte ; ce qui est quand même le bon côté des choses, il me semble !
    On n’a plus le cocon, mais du coup, on n’a pas non plus le côté parfois relou et pesant des parents envahissants… parce qu’ils vivent leur vie, une nouvelle vie, en dehors de nous !

    En fait, comme tu le dis justement, ça oblige à couper le cordon, ce que tout le monde devrait faire au fond mais c’est loin d’être le cas… Et puis un jour, ce sera toi le repère et le tout pour tes enfants, celui dont il devront s’émanciper un jour… Changement de perspective !!

  • virginie B
    septembre 16, 2013

    Ton billet est magnifique et je comprends parfaitement ton histoire même si moi mes parents ont divorcé je n’avais que 2 ans… finalement j’ai eu bcp moins de difficulté à me construire parce qu’après la vie de ma Môman (comme tu dis) a été très stable et m’a assuré une base solide ! courage à toi même si c’est du passé !

  • Mona Champaign
    septembre 16, 2013

    Je trouve ton texte poignant d’honnêteté et étant moi aussi fille de divorcés il me parle.
    Il est touchant, très beau, sincère.
    Je ne sais pas trop quoi ajouter si ce n’est que je te comprends, vraiment.

  • Anonymous
    septembre 16, 2013

    Je me posais la question, sans jamais oser en parler. Comme toi, mes parents ont divorcés quand j’avais 24 ans et je ne l’ai pas très bien vécu (du tout). Mais face aux gens qui trouvaient ça « pas anormal », je me suis tue. Quant aux repères, c’est carrément ça ! Jusque là, j’étais persuadée qu’on pouvait rester avec quelqu’un toute sa vie… Aujourd’hui, je n’y crois plus (du tout)… D’un seul coup, une relation perd un peu de sa saveur… Et pour en remettre une bonne couche, ma mère n’a tellement pas supporté son divorce que ça s’est terminé tragiquement y a 6 mois… A ce moment-là, plus rien n’a de saveur ;p pas même les petites cerises bien mures et bien sucrées !
    Mais, il faut se dire que la vie continue, et que nos parents n’ont pas le droit de nous priver de notre dose de bonheur…
    Courage à toi…

  • Yeude
    septembre 16, 2013

    J’avais 20 ans quand les miens ont divorcés et comme toi j’ai eu du mal à digérer, l’âge n’efface rien, comme tu l’as dit on perd nos repères… Finalement, c’est en construisant mon propre foyer que les choses se sont arrangées.

  • lesideesded
    septembre 16, 2013

    il a été très difficile pour moi d’ouvrir les yeux sur mes parents en tant que couple…. j’ai réalisé certaines choses juste après mon accouchement et ma mère ne comprenait pas mon désarroi…
    je te comprends !! mais il faut accepter qu’ils ont une vie :-(

  • Anonymous
    septembre 16, 2013

    Comme je comprends le mal être que tu décris. Mes parents se sont séparés j avais 26 ans. Ça à été très dur. Je ne pense pas m en être remise encore . Et les gens ne comprennent pas que l on puisse être affectés à notre âge par une telle décision. Et pourtant …
    Amelie (eilema4)

  • Anonymous
    septembre 16, 2013

    Le côté brut de tes mots retranscrit bien la souffrance d’être adulte/enfant de divorcés. J’avais 19 ans quand la séparation a débuté et 22 ans quand le divorce a enfin été prononcé. En plus d’avoir perdu mes repères, c’est toujours avec beaucoup d’aigreur que je regarde les conséquences de ce divorce avec des enfants « adultes ». Mon frère et moi étions des gamins sans problème, épanouis, bons élèves. A 19 et 17 ans, nous avions encore besoin de nos parents mais eux ont considéré que nous étions grands et que nous devions comprendre. Nos chemins de vie sont aujourd’hui à mille lieux des jolies lignes droites que nos chers parents nous avaient volontiers tracé. Par la suite, moi, j’ai « perdu » mon père, il s’est éloigné souhaitant vivre « sa vie ». Après plusieurs années de thérapie, j’ai fini par non pas accepter mais vivre avec. Pourtant, tout comme toi, j’ai attrapé la bougeotte et j’ai aujourd’hui un mal fou à me poser. Je ne peux rester au même endroit pendant plus d’une année et pour cause, lorsque l’on n’a plus de foyer ou de cocon, plus grand chose ne nous retient au bercail.

  • Keira Hawkins
    septembre 17, 2013

    Ton texte retranscrit bien les pensées et les émotions que peuvent ressentir des enfants de divorcés…
    Tout comme toi, j’ai eu énormément de mal à considérer ma mère comme autre chose que ma mère. Surtout étant en quête moi-même d’un homme, en même temps qu’elle, cela a totalement brisé le schéma habituel de la vie… Je crois qu’aujourd’hui malheureusement beaucoup seront « touchés » par ce fléau…

  • AlexiaL
    septembre 17, 2013

    Je pense que tout dépend de la relation que l’on a avec ses parents. Si pour certains la relation parentale est de pouvoir se retrouver en sécurité, bien au chaud avec papa ET maman, il est normal que le choc soit intense. Par contre si déjà le rapport aux parents est plus amical, moins dépendant et que dans sa tête on comprend bien qu’il y a la vie de famille, la vie de parents, la vie d’enfant ET aussi indépendamment la vie du couple de l’homme et de la femme, je pense que le résultat n’est pas le même. Après et je me trompe peut-être est ce que ce n’est pas le rôle des parents de faire en sorte que tout se passe pour le mieux même si évidemment ce n’est jamais rose, enfin je suppose.

  • Emma June
    septembre 17, 2013

    J’imagine que ca doit être difficile même si effectivement, j’aurais pensé que ca l’était moins avec l’âge.
    Après, il faut se dire que les parents sont des hommes et des femmes comme les autres, comme nous, et qu’ils ont aussi leurs failles, leur parcours, leur recherche du bonheur, bref, ce ne sont pas que des parents et ils ont droit au bonheur tout comme il le souhaite à leurs enfants.

    Personnellement, je comprends la portée de tout ça seulement depuis que je suis moi-même mère…

  • Em
    septembre 17, 2013

    C’est à peu de choses près ce que je suis en train de vivre en ce moment. Je vais sur mes 26 ans, mes parents se séparent. Enfin, sont séparés, mais vivent toujours ensemble pour des raisons financières… ma mère n’ayant pas de travail, pas d’autre logement, aucune ressource, elle pompe encore mon père. Contrairement à toi, je suis une fille à papa. Mon papa c’est toute ma vie. Ma mère… je l’avais « rencontrée » quand j’ai quitté le domicile familial à 20 ans… Mais je l’ai perdue quand elle a perdu la réalité de la vie. A mes yeux, elle a fait voler nos vies en éclats. Mon père vit très mal la séparation, je suis devenue son soutien quotidien.
    Le plus dur a été qu’il y’a quelques mois, à la même période que les désillusions de mon papa, j’ai moi même vécu une grosse rupture après 4 années de vie commune. J’aurais aimé avoir ma mère pour me soutenir. Je n’ai eu qu’un exemplaire d’adolescente attardée.
    A 25 ans, quand les parents divorcent, c’est l’enfance qui s’effondre. Je travaille avec des enfants, et je suis donc bien placée pour savoir qu’un enfant s’adapte bien plus facilement qu’un adulte. J’aurais préféré que mes parents se séparent quand j’étais enfant, ou au moins ado. J’aurais pu choisir d’aller vivre avec mon papa comme ça. Etant adulte, on perd tout ce à quoi on était habitué, avec quoi on a grandi, ce qu’on a connu toute notre vie. Se berçant de l’illusion que notre famille sera toujours soudée parce qu’elle l’a toujours été pendant 25 ans.
    Aujourd’hui, je vis ça de loin. Pour palier à ma propre rupture, j’ai décidé de quitter ma Bretagne natale pour m’exiler dans le sud, me rapprochant ainsi d’un avenir plus serein. J’ai abandonné mon papa aux griffes de ma mère, j’ai fui pour ne plus avoir à supporter l’ambiance décadente de cette famille qui vole en éclats. Je me reconstruis moi même pour pouvoir ramasser les morceaux de ma vie d’avant et les ranger dans une boîte à souvenirs. J’ai la chance d’avoir retrouvé mon premier amour qui m’apporte le soutien quotidien nécessaire, et m’offre la possibilité d’envisager un futur dénué d’illusions et de faux semblants.
    Je me sens orpheline. Je me sens brisée et seule. Quand je pense à mon avenir, j’imagine mes enfants sans grand mère, quand j’imagine un possible mariage c’est sans la présence de ma mère, quand j’imagine les moments importants de mon futur, c’est toujours sans elle… Et ça fait mal, parce que même adulte, on a besoin de sa maman. Mais moi, je n’en ai plus. Je n’ai jamais été très proche d’elle, mon papa, de part son métier, n’était que rarement à la maison, mais j’ai toujours pu me confier à lui sans éclats… quand j’ai rencontré mon 1er amour à 18 ans, quand j’ai arrêté mes études, quand j’ai commencé à travailler et à m’assumer, quand j’ai quitté mon ex, etc… il a toujours été présent et compréhensif.
    Alors, ouais, y’a peut-être une notion d’égoïsme, on se dit que nos parents ne peuvent pas abandonner ce qu’ils nous ont construit, que notre mère n’est pas une femme mais une mère, or c’est faux, c’est avant tout une femme… alors, ouais, c’est égoïste de ne pas vouloir qu’elle refasse sa vie, qu’elle soit amoureuse, qu’elle ait une vie de femme sexuée etc… il faut juste connaître les circonstances avant de juger ou d’essayer de comprendre la réaction de l’enfant adulte… pour ma part, ma mère se comporte comme une ado futile qui saute sur le 1er mec qui passe, qui ne gère sa vie que pas internet, et qui connait tout de la vie, qui a tout vu tout fait… A contrario, mon papa avec qui je suis très très proche, j’espère qu’il va retomber amoureux et refaire sa vie pour être heureux avec quelqu’un qui l’aimera sincèrement.

    voilà, mon témoignage face à la dure réalité du divorce de parents quand on est enfant adulte. Désolée pour le pavé =/

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