13/11/2015

By lundi, novembre 16, 2015 0 No tags Permalink 1

Je ne sais pas vous, mais je suis dans le brouillard depuis vendredi 22H10.

Une espèce d’absence qui m’empêche de respirer normalement. Pourtant je n’étais pas en terrasse à me délecter d’une bière avec mes copines, je ne suis pas branchée rock autant vous dire que je n’étais pas au Bataclan.

J’étais chez moi, préparant mon déménagement, sirotant une tisane et échangeant des textos avec une de mes meilleures amies. Un vendredi somme toute lambda.

Puis, l’horreur, l’atrocité des images et du direct et l’incompréhension de ce qu’il pouvait bien se passer dans mon pays. Je me suis couchée avant l’assaut, morte de fatigue, et envahie d’une profonde tristesse et d’une grande angoisse.

Réveillée brusquement à 8h30 avec comme premiers mots adressés à mon cher et tendre « dis moi que c’est fini et qu’ils sont morts ces connards ? ».

Vous me direz qu’il y a plus doux comme réveil.

Je me suis donc mise devant la TV afin de voir le chaos, l’atrocité, l’inhumanité et le désespoir de ces jeunes qui n’ont comme seul crime eu l’envie de fêter un début de week-end en terrasse et de fumer des clopes, de bouffer un bobum ou d’écouter un bon vieux rock en trémoussant leur cul dans une chaleur humaine et le bonheur de l’ivresse sonore. Je me suis donc gavée d’informations zappant de chaines en chaines, de journaux en journaux, Twitter, Facebook… 8H d’une boulimie pour comprendre l’incompréhensible et peut être trouver la force d’accepter et de pardonner.

Je ne réalise pas et je ne pourrai jamais pardonner.

Et même si je ne me suis jamais autant sentie française qu’en ce 14 novembre 2015, même si je pense que je continuerai à porter des jupes qui virevoltent au vent, même si tous les vendredi j’irai boire un bon petit vin bien français accompagné de fromages et de saucissons d’un porc breton, même si je continuerai à aller à chaque match de mes équipes favorites, même si je couche hors mariage et que j’ai un jour un gosse hors mariage, même si mes copines et mes copains galochent tout ce qui bouge, même si on continuera à se rendre sourd dans des discothèques et des salles de spectacles, même si nous scandons de jolies feuilles avec de jolies mots d’espoir et d’amour à la lueur de petites bougies emplie d’une volonté de poursuivre sa vie … Aujourd’hui je dois le dire, moi j’ai peur. Le bus, les gares, le métro, les centres commerciaux, la foule etc. deviennent des endroits inenvisageables pour moi.

 Pourtant, je tenais à dire à ces connards que je les emmerde. Que j’ai beau essayer de me dire qu’il faut penser à autre chose, je ne cesse de me repasser le film dans ma tête et  j’ai des phrases bizarres, comme hier soir, regardant le mauvais film du dimanche soir, bien confort dans mon canapé avec mon mec illégitime (puisque nous ne sommes pas mariés), je lui ai dit « on pourrait croire que c’est un dimanche soir normal, et pourtant non, tu te rends compte ce qu’il s’est passé  ? ». Je suis intimement convaincue que pour ma génération rien ne sera plus jamais pareil. On a touché à notre vie quotidienne avec une violence sans nom. Je pense que le mot connard qui a tout son sens sur ce blog, n’est tellement pas représentatif pour ces individus sans âme.

Je ne réalise pas.

Je ne peux croire ce qu’on vit.

Ma France, Ma culture, Ma Capitale,  Mon Pays, Mes concitoyens et Ma liberté n’ont jamais eu autant de sens qu’en ce jour.

Merci bande d’enculés d’avoir provoqué autant d’amour et de solidarité, de faire résonner la Marseillaise partout tout le temps, de nous faire sentir encore plus français mais surtout citoyen du monde libre.

A Tantôt.

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